Masculinismes : neuf idées reçues qui empêchent de qualifier la menace

Vous pensiez tout savoir sur les masculinismes ? Stéphanie Lamy, féministe, chercheuse spécialisée dans les guerres de l’information et chargée d’enseignement à Sciences Po Toulouse, nous propose un exercice simple : passer en revue neuf idées reçues qui empêchent encore de qualifier et lutter contre la menace.

Vous pensiez tout savoir sur les masculinismes ? Je vous propose un exercice simple : passer en revue neuf idées reçues qui empêchent encore de qualifier et lutter contre la menace.

La compréhension des masculinismes demeure entravée par un ensemble d’idées reçues largement diffusées dans l’espace médiatique, politique et parfois institutionnel. Ces représentations approximatives produisent des effets politiques concrets. En homogénéisant, individualisant, culturalisant ou dépolitisant les masculinismes, elles contribuent à retarder leur qualification comme idéologies violentes fondées sur l’identité de genre masculin et à affaiblir les réponses publiques.

Déconstruire ces idées reçues est une condition préalable à toute stratégie sérieuse de prévention, de qualification et de lutte.

Idée reçue n°1 : le masculinisme formerait un bloc homogène
Les masculinismes ne constituent pas un ensemble idéologique homogène. Ils relèvent d’une offre idéologique plurielle, fondée sur un principe commun – le suprémacisme de l’identité masculine – qui se décline ensuite dans des milieux radicaux distincts.

Ces milieux ne sont ni interchangeables ni équivalents. Chacun s’organise autour de ses propres référentiels, de ses propres récits et de ses propres modalités de justification de la violence. L’archétype promu dans les milieux incels n’est pas le même que celui développé dans les milieux chamaniques, pas plus que celui structurant les collectifs de pères enragés. Il s’agit de configurations idéologiques différentes, inscrites dans des contextes sociaux et organisationnels spécifiques.

Traiter les masculinismes comme un bloc homogène empêche d’en saisir la plasticité stratégique et conduit à une sous-qualification des risques, en invisibilisant la diversité des formes de radicalisation et de passage à l’acte. Il convient alors de parler systématiquement deS masculinismeS. 

Idée reçue n°2 : les masculinismes promeuvent une seule masculinité hégémonique
Ce qui réfute également l’idée d’un masculinisme homogène, c’est le fait qu’il n’existe pas une seule masculinité hégémonique, mais une pluralité de masculinités produites et mises en circulation par les différents milieux masculinistes.

L’essor des idéologies masculinistes découle non-seulement de leur amplification par les médias sociaux, mais aussi de la mise en concurrence des hommes entre eux (inter et intra-milieu).…

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Paru sur le Blog de Mediapart

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« Je suis masculiniste » : ce que révèle une revendication devenue possible
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