À LA UNE
ÉDITORIAL
Convergence. C’est la voie de l’existence !
À la différence des printemps précédents, celui de 2026 présente la particularité, à un an tout juste des prochaines élections présidentielles, de voir fleurir nombre d’initiatives et d’appels à se mobiliser contre l’extrême droite, la montée du fascisme, un racisme débridé et la mainmise autoritaire et identitaire de quelques milliardaires sur nombre de médias influents ainsi que sur une partie conséquente des industries culturelles.
Faut-il s’en féliciter ou, au contraire, s’en alerter ?
Cette soudaine abondance de déclarations, d’appels, d’initiatives et d’intentions ne traduirait-elle qu’une expression de la nervosité des acteurs et actrices tant du mouvement social que des milieux intellectuels et artistiques, face à une échéance électorale plus que problématique et à une sorte de compte-à-rebours lancinant ?
Exprimerait-elle aussi l’état d’émiettement, voire la sidération en raison du spectacle lamentable et irresponsable, joué par les partis politiques qui s’affirment de gauche, face à la montée du fascisme ?
Passons maintenant d’un pessimisme déprimant à un optimisme prudent.
Et si cette floraison – qui a tardé à éclore et présente des visages qui peuvent sembler différents, avec, pour chacun d’entre eux, des préoccupations prioritaires qui s’adressent à des publics diversement visés – permettait au contraire de mobiliser très largement contre un danger mortel commun ? …
Anti-fa … sol la si do
Pour une Fête de la musique antifa, le 21 juin 2026
Nous, toutes et tous qui refusons la fatalité de l’ascension du fascisme, du RN et de ses alliés, sommes réjoui.es des mobilisations des professionnel.les de la culture contre l’emprise de Bolloré, tant dans l’édition que dans le cinéma. Ce milliardaire dont l’agenda consiste à pousser les feux de l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir.
Une extrême-droite qui soutient sans réserve les politiques agricoles destructrices du vivant. Une extrême droite qui s’attaque sans complexes aux droits des femmes et aux féministes.
À chaque fois, dans chaque domaine, ces offensives rencontrent résistances et contre-propositions.
Ces combats, en apparence séparés, ne sont pas des coïncidences. Ils traduisent des réactions citoyennes et du mouvement social à une seule et même politique, à un seul et même danger.
Le moment est venu de rendre visible et efficiente la nécessaire convergence de ces actions éparses.
Dans un mois, aura lieu la Fête de la musique, par définition joyeuse, collective, récréative qui se déroule sur tout le territoire et fédère des milliers d’initiatives. A l’opposé – par sa diversité et ses différences affichées – du cercueil pseudo culturel d’exclusion et d’enfermement raciste et xénophobe que veulent nous imposer le R-Haine et toutes les droites qui leur courent après.
Unissons nos complémentarités. Entraidons-nous, pour faire de ce 21 juin 2026 une Fête de la musique antifa. Retrouvons-nous pour l’organiser ensemble.
Profitons de ce moment culturel unique pour déclarer, avec toutes les musiciennes et tous les musiciens qui y souscriront, la guerre à l’uniformité et à la mise au pas qui nous sont promises par les marchands de haine.
Une occasion ouverte et festive de préparer, juste avant la coupure estivale, une première grande mobilisation, prélude aux indispensables combats antifascistes communs de la rentrée.
Et, si nous en avons la possibilité, créer partout où ce sera possible un orchestre multicolore et de toutes les voix antifascistes pour participer à cet événement et prendre date pour la suite.
L’équipe d’animation de RIPOSTES