Le racisme tue : Joris, 21 ans, suicidé après avoir subi des années de harcèlement haineux

Joris, 21 ans, vivait dans le Nord-Isère, il s’est suicidé après des années de harcèlements racistes, une victime du racisme que l’on dit « ordinaire » mais qui tue. Un article témoignage publié dans Contre Attaque.

« Nous avons perdu un fils, un petit-fils, un neveu, un cousin de seulement 21 ans » déplorent les proches de Joris, 21 ans, en diffusant la photo du jeune homme arborant un sourire effacé.

Son corps a été retrouvé le 13 juillet à Châtonnay, un village situé dans le Nord-Isère. Joris s’est suicidé avec une carabine de chasse, après avoir subi des années de harcèlement raciste.

Son oncle témoigne dans la presse : « Joris se plaignait depuis longtemps d’être victime d’insultes racistes ». Enfant d’un couple mixte, il était ostracisé par une partie des jeunes de sa commune : « On le traitait de sale bougnoule, de sale arabe. Il commençait même à être complexé, et disait à son père qu’il regrettait sa peau mate. Il tenait sa couleur de peau de sa mère, qui est ma sœur. Nous sommes des Français d’origine algérienne ».

Le calvaire a duré des années, et aurait commencé l’année de ses 18 ans, lors de la fête des conscrits, une tradition du Nord-Isère réunissant les jeunes majeurs. Dès ce moment, il était « devenu leur bouffon de service» selon ses proches. Mauvaises blagues, humiliations : Joris est devenu le souffre douleur, puis la cible d’un déchaînement de haine raciale. Des jeunes du village «lui ont offert un t-shirt avec écrit ‘DZ Pagu’ dans le dos, ça veut dire ‘l’Algérien campagnard’. Joris en a été très affecté, il a commencé à perdre confiance en lui. Il se sentait rejeté ».

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