Une voie d’escalade ouverte par le chef du FPÖ a été vandalisée par des militants de gauche. C’est qu’il y a eu trop souvent des affinités entre montagne et idéologie « völkisch » : racisme et sexisme y ont prospéré, laissant des traces jusqu’au XXIe siècle.
Un billet de Joëlle Stolz, journaliste et autrice, paru sur le Blog Médiapart.
La police autrichienne a annoncé ce 21 mars qu’elle avait effectué une « razzia » dans sept Länder du pays et arrêté quinze personnes (dont trois jeunes filles) de 14 à 26 ans pour « crimes de haine » contre des homosexuels. Au cours de ses perquisitions elle a saisi des armes ainsi que des symboles nazis, qui tombent en Autriche sous le coup de la loi.
Sous prétexte de démasquer des « pédophiles » (ce qu’aucune des victimes n’était, a précisé la police), ce réseau imité d’exemples russe et biélorusse piégeait depuis l’an dernier ses proies avec de faux comptes sur les réseaux sociaux afin de les attirer vers des rencontres physiques qui s’avéraient de véritables guet-apens : l’homosexuel se trouvait confronté à plusieurs, parfois jusqu’à huit, agresseurs masqués qui le volaient, l’humiliaient, le filmaient, le frappaient. Une victime a porté plainte pour tentative de meurtre. Dix-sept cas d’agression ont été identifiés, il y en a eu peut-être davantage. Les policiers ont appelé d’éventuelles autres victimes à les contacter.
L’enquête dira si ces agresseurs avaient des liens, non seulement avec les milieux néo-nazis, ce qui semble établi au moins pour certains d’entre eux, mais avec la frange la plus radicale du Parti de la liberté, le FPÖ, la principale force d’extrême droite.
Car ce parti, arrivé en première position (avec plus de de 28,8% des suffrages) lors des dernières législatives fin septembre 2024, et qui fut à deux doigts de décrocher la chancellerie en coalition avec les conservateurs si ces derniers n’étaient pas retournés in extremis, pour former un gouvernement, vers les sociaux-démocrates et les libéraux, traîne une mauvaise réputation : celle de laisser prospérer une idéologie masculiniste, voire nostalgique du Troisième Reich.
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