Vers une plate-forme commune pour combattre les extrêmes droites

La bête immonde grossit chaque jour sous nos yeux. Le rouleau compresseur des obsessions nauséabondes de l’extrême droite trouve son carburant quotidien dans les déclarations et les projets du gouvernement – plus particulièrement place Beauvau, au ministère de l’Intérieur, place Vendôme, au ministère de la Justice et rue de Varennes, à l’Hôtel Matignon – dans une situation de crise politique aigüe, avec des institutions à bout de souffle, après la dissolution de juin 2024 et la succession de gouvernements ultra réactionnaires illégitimes.

Si l’empire médiatique du milliardaire Bolloré est à l’offensive pour lobotomiser en permanence ses millions de lecteurs, auditeurs et téléspectateurs avec les thèmes favoris du R-Haine, de nombreux autres médias – y compris publics – reprennent sans aucun filtre ces mêmes thèmes : délire du « Grand remplacement », discours anti-migrant.es, « préférence nationale », justice taxée de laxiste, accusations d’antisémitisme pour celles et ceux qui dénoncent le génocide en cours à Gaza et en Cisjordanie, islamophobie débridée, climato-scepticisme et dénonciation d’une écologie « punitive », revendication lancinante d’ordre et d’autorité et remise en cause de l’État de droit… grandement aidés en cela par des leaders de droite en déroute, imaginant sauver leurs positions et gagne-pains en courant de manière abjecte derrière ces mêmes obsessions.

L’intox, les fausses nouvelles, les mensonges les plus éhontés, le fichage et les ciblages ad hominem débordent en permanence de la presse Bolloré et de tous les réseaux « sociaux » fascistes et racistes ou pseudo médias comme « Frontières » qui encombrent la Toile avec, pour certains d’entre eux, des centaines de milliers d’abonnés et d’utilisateurs chaque jour.

Des dizaines de groupes violents identitaires et néonazis (entre 4 à 5 000 activistes estimés sur tout le territoire) n’hésitent plus à menacer et agresser physiquement syndicalistes, militant.es des associations et organisations de gauche, personnes LGBT, dans nombre de villes. L’antisémitisme et l’islamophobie, la domination masculiniste et la négation des droits des femmes, la suprématie de la « race » blanche, les références et symboles des régimes hitlériens comme mussoliniens, forment leurs fondamentaux.

Face à ces déferlements de haine et d’exclusion, de démagogie à tout crin et de repli identitaire qui annoncent la barbarie, les antiracistes et les antifascistes, dans toute leur diversité, ont désormais le devoir d’échanger leurs informations, de faire connaître leurs actions et de frapper ensemble à chaque fois que cela est possible.
Se coordonner et se fédérer pour gagner en puissance face à la gangrène qui nous menace, ce sont deux objectifs à la fois réalistes, nécessaires et urgents si nous voulons que les réflexes antiracistes et antifascistes se développent avec force et ne soient plus cantonnés aux seuls milieux militants.

C’est pour ces raisons que le collectif RIPOSTES proposera à la discussion, lors de son assemblée générale ouverte du samedi 24 mai 2025, un projet de plate-forme commune pour combattre l’extrême droite et résister à la montée du péril fasciste.

RIPOSTES