Le mercredi 22 octobre, cela faisait exactement trois ans que Giorgia Meloni avait pris ses fonctions au palais Chigi, siège de la présidence du Conseil des ministres italien. Sa nomination était le résultat prévisible mais néanmoins désastreux des élections de septembre 2022, lorsque la coalition de droite (dont Fratelli d’Italia était de loin le premier parti) a remporté la victoire grâce à un taux d’abstention significatif (36 %) mais surtout grâce à une loi anti-proportionnelle approuvée par les précédents gouvernements de centre-gauche et à la profonde division entre les autres forces politiques qui ont constitué au parlement le front hétérogène de l’opposition.
La droite, avec ses 12 millions de voix (sur un électorat d’environ 46 millions), soit moins de 44 % des suffrages exprimés, et donc seulement 26 % des voix de l’électorat, a élu près de 60 % des députés et des sénateurs. Comme nous l’avons dit à l’époque dans un article « la victoire de Giorgia Meloni et de Fratelli d’Italia a une valeur symbolique sans précédent dans l’histoire de la République : l’Italie tombe entre les mains d’une coalition dominée par les héritiers de Mussolini, d’Almirante et de Rauti ».
Bien sûr, il ne faut pas négliger tous les autres facteurs qui ont pesé sur le résultat et ouvert la voie au succès du parti héritier direct du fascisme : les transformations culturelles et institutionnelles déjà imprimées au pays par les gouvernements Berlusconi, la disparition progressive d’une gauche capable de représenter une alternative pour les classes populaires, les contraintes institutionnelles imposées à la politique par les gouvernements de gauche et les gouvernements « techniques », les choix fortement « socio-libéraux » de ces mêmes gouvernements, l’acquiescement obstiné à ces choix de la part des syndicats majoritaires, l’échec des illusions créées dans le pays par la démagogie du Mouvement 5 étoiles.
Lire la suite de la traduction française sur le site du Réseau Bastille
Lire l’article original en italien paru sur le site de Il Refrattario e controcorrente