Refuser la criminalisation de l’antifascisme sans crier au péril fasciste à chaque provocation

Même si la société française est moins violente que dans l’entre-deux guerres, il faut rester collectivement vigilant vis-à-vis de la violence de l’extrême droite… d’autant que ses auteurs alimentent stratégiquement et idéologiquement le Rassemblement national dans sa marche vers le pouvoir.
Un papier paru sur regards.fr.

Le 9 mai, à Paris, deux manifestations ont été interdites par la préfecture de police. L’une était organisée par le Comité du 9 Mai, un groupuscule d’extrême droite issu de la mouvance identitaire. L’autre, prévue au Panthéon, était un rassemblement antifasciste en réponse. Les deux ont été jugées « à risque » et donc interdites. Le préfet a voulu équilibrer : interdire les uns, interdire les autres. Les ultras, et ceux qui leur font face. Cette mise sur le même plan est insupportable.

Car si les groupuscules d’extrême droite sont violents, ce n’est pas par dérapage. C’est leur méthode, leur raison d’être, leur fonction. Et si les antifascistes se mobilisent, c’est pour protéger l’espace public, les libertés, les corps. On ne peut pas renvoyer dos à dos ceux qui veulent intimider, et ceux qui s’organisent pour empêcher l’intimidation. À moins de considérer que la démocratie n’est qu’un décor à surveiller, pas un bien commun à défendre.

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