Politiques de la minute de silence

À lire sur Les mots sont importants (LMSI) un article de Pierre Tevanian sur la minute de silence suivie à l’assemblée pour Quentin Deranque, néofasciste militant de l’Action Française, l’un des plus importants et anciens groupes d’extrême droite français, qui a formé des générations de fascistes, de racistes et d’antisémites – à la demande du politicien d’extrême droite Éric Ciotti.


En attendant les suites de l’enquête, qui établira qui a fait quoi dans cette violente histoire, on peut d’ores-et-déjà s’inquiéter de tout ce qui, précisément sans attendre les suite de l’enquête, se met en branle avec un zèle et une précipitation sordides : l’incrimination de toute une organisation, et au-delà de tout l’antifascisme, et au-delà de toute la gauche. On peut aussi relever avec effroi une réaction présidentielle qui ressemble à beaucoup d’égards à celle qui avait suivi la mise à mort de Nahel Merzouk par un agent de police, mais à un détail près : la jeune victime restait dans le discours présidentiel « un adolescent », sans nom ni prénom  [1], tandis que le militant violent d’une secte monarchiste, suprémaciste et antisémite est appelé par son nom – et même mieux que cela : par son prénom (« Quentin »), comme on évoque un proche, un ami, un membre de la famille [2]. Ces mots-là aussi, les noms propres, sont importants. Leur présence ou absence dit beaucoup. Certains silences, aussi, disent beaucoup. Et certaines minutes de silence.

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