Ce 18 mars au matin, les 400 jeunes qui occupaient la Gaité lyrique depuis trois mois, en majorité des mineur·e·s isolé·e·s réclamant des solutions d’accueil et de prise en charge, ont été expulsés violemment par un dispositif policier suréquipé qui n’a pas hésité à user de la matraque et des lacrymos face à des jeunes essayant de réunir leurs affaires. Récit de Béchir Saket , militant écologiste, paru sur le Blog de Médiapart et article et vidéo parus sur Contre Attaque.
C’est fou comme nos repères changent. Le 23 août 1996, l’évacuation brutale de l’église Saint-Bernard, occupée par 300 sans-papiers, avait provoqué un électrochoc national. Ce matin, ce qui s’est joué à la Gaîté Lyrique semble presque accepté, comme si la violence institutionnelle était devenue une routine, un bruit de fond auquel on s’est habitué.
Au fond, ce que nous avons vécu n’est rien d’autre qu’une expulsion de plus, menée avec la même mécanique implacable. La Préfecture de Police et la Mairie de Paris avaient choisi leur camp : la force plutôt que la justice.
Un arrêté préfectoral publié la veille. Un déploiement policier massif à l’aube. Une répression méthodique, justifiée par un discours officiel ficelé en amont. Rien n’a été laissé au hasard, sauf la dignité des jeunes expulsés.
L’objectif n’était pas de leur offrir une solution. L’État savait parfaitement que cette expulsion ne réglerait rien. Il ne s’agissait pas de les aider, mais de les effacer du paysage. Mais on n’efface pas la misère avec des matraques. Là où l’État expulse aujourd’hui, il créera une autre Gaîté Lyrique demain.
Rien n’a surpris, tout était écrit d’avance.
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Ce mardi 18 mars à Paris : des centaines de policiers suréquipés pour jeter à la rue des centaines de mineur-es sans ressource. Des images de la Gaîté lyrique qui illustrent l’ignominie du gouvernement français.
Le 10 décembre dernier, le collectif des jeunes du parc de Belleville décidait d’occuper la Gaîté lyrique, célèbre salle de spectacle à Paris. Ils et elles étaient 215 au démarrage, dont 2 femmes enceintes et un bébé de 18 mois. Leur nombre dépasse les 400 aujourd’hui. Cette occupation était un appel à l’aide : «Nous sommes en situation de précarité, nous avons besoin qu’il y ait des réquisitions de logements et que la Mairie réagisse. Des places, il y en a pour tous, ce qu’il manque juste c’est la volonté politique !» En effet, 300.000 logements sont vacants ou bien en résidence secondaire à Paris. Dans cette situation, personne ne devrait dormir dehors.
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