Comme la marée montante dans la baie du Mont Saint-Michel qui surprend les imprudents, la réaction haineuse et menaçante de la firme Le Pen a l’énoncé du verdict du procès en correctionnelle des assistants parlementaires européens du R-Haine, n’a surpris que celles et ceux qui pensaient que le bobard de la dédiabolisation était devenu une vérité.
Dans la presse Bolloréenne, comme sur tous les plateaux télé où toutes les chaînes de radio où ils sont complaisamment invités, les obligés de la cheftaine de l’extrême-droite couinent, comme des gorets qu’on égorge, que la démocratie est piétinée. Plus le mensonge est grand et répété de multiples fois…
Pressions et menaces, mensonges et accusations insensées contre les juges et plus largement une justice qui les renvoie à leurs malversations et à l’enrichissement personnel de plusieurs de leurs affidés, ont mis bas les masques de la respectabilité et de leurs promesses démocratiques en carton pâte.
Les prétendus chevaliers blancs de la politique – rappelons-nous le slogan « Tête haute, mains propres » qu’ils brandissaient contre le « Système » – ont été pris la main dans un pot de confiture à 4,6 millions d’euros et ils ne supportent pas de devoir en payer l’addition. La justice laxiste, le « zéro tolérance », brandis comme étendards durant des années, c’est pour les autres.
Ils estimaient certainement que la crainte qu’ils inspirent, alors que la victoire leur semble acquise en 2027, infléchirait la décision des juges, soucieux de leur carrière après ces présidentielles forcément victorieuses.
Mais le « Système » dont ils font désormais partie n’est pas encore à leur botte.
Alors qu’ils ne sont pas encore au pouvoir, ces escrocs de bas étage font comme si tout leur était déjà permis.
Après avoir tenté tous les recours pour ralentir la marche de la justice à leur encontre, pour assurer la présence de leur taulière à la présidentielle de 2022, voilà maintenant qu’il convient d’accélérer pour l’appel, faute de quoi la démocratie serait en grave danger. Traduire : l’héritière Le Pen ne serait pas en mesure d’obtenir son dû à la prochaine élection présidentielle.
La complicité du gouvernement, comme plus largement de la droite, sur ce sujet comme sur nombre d’autres, est patente.
Entre un premier ministre empêtré dans des affaires de détournement de même nature et surtout soucieux d’éviter la censure et nombre de politiques qui se pensent au-dessus des lois, l’accès de l’extrême-droite au pouvoir en 2027, ne risque pas de connaître un coup d’arrêt.
Philippe Rajsfus