Histoire de l’antifascisme, du combat contre Mussolini au troisième millénaire

Pour comprendre ce que signifie l’antifascisme, il faut tirer les fils d’une histoire centenaire, qui naît en Italie et se diffuse en Europe comme un contre-poison face aux conquêtes de l’extrême-droite. S’il a survécu à ses ennemis historiques, les régimes totalitaires de Mussolini et Hitler, c’est aussi parce que le fascisme n’a pas disparu avec l’armistice du 8 mai 1945. « Le ventre est toujours fécond, d’où a surgi la bête immonde » écrivait Bertolt Brecht. Comment lui a-t-on résisté ? Voici un article d’Olivier Favier sur une histoire de l’antifascisme publié par RFI en mars dernier.

Commençons par une évidence. Fascisme et antifascisme sont nés conjointement en Italie. Le premier réussit le tour de force de bâtir un mouvement politique révolutionnaire autour de ce que l’écrivain Antonio Scurati nomme « un homme vide » ou pour reprendre les mots de Benito Mussolini lui-même « un homme de l’après ». Pour séduire, Mussolini hume l’air du temps, ses tempêtes, ses colères. Formé dans les rangs du socialisme révolutionnaire, il l’a trahi en 1915 en rejoignant le camp de ceux qui vont entraîner l’Italie dans la guerre.

Cet élan nationaliste répond à la nécessité de trouver un ennemi commun contre lequel se rassembler. Tous les combats du fascisme, que ce soit contre le socialisme, pour la bonification des terres ou la conquête coloniale, contre la minorité juive ou les homosexuels, seront toujours présentés comme des guerres contre une menace existentielle et pour le droit de l’Italie à se faire « une place au soleil ». Cette rhétorique martiale sert un seul objectif : s’emparer du pouvoir et le conserver, en usant de tous les moyens, légaux ou illégaux, des élections à la violence de rue, en passant par la propagande et pour finir, la chimère d’un horizon de conquêtes militaires impossibles à concrétiser.

Mussolini se fait ainsi le réceptacle de toutes les passions tristes, il ne les devance pas mais les suit, il mesure les rapports de force et choisit pour alliés ceux qui peuvent servir ses desseins. Longtemps anticlérical forcené, l’un des traits qu’il conserve dans les premières années du fascisme, il n’hésite pas, par exemple, à orchestrer une réconciliation spectaculaire avec l’Église catholique en 1929, laquelle est officiellement fâchée avec l’Etat italien depuis que la ville de Rome lui a été enlevée en 1870. Les liens avec les grands industriels et les propriétaires terriens sont guidés de part et d’autre par des intérêts où chacun cherche à tirer profit de l’autre. Mais, comme cela se produit souvent dans les mariages de raison, tout peut aussi s’effondrer devant les coups du sort.

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