Fascisation ou démocratie

Lors d’une soirée de débat sur l’extrême droite à Saint-Lo, Christian Delarue, notamment président du Comité pour l’abolition des dettes illégitimes (CADTM France), analyse où commence et où s’arrêtent les idées d’extrême-droite et d’autre part, qu’est-ce que la démocratie ? Et évoque les cercles de la fascisation et les cercles de la démocratisation.

Conférence à St LO de Christian Delarue – Conseil national du MRAP (commission contre ED), président du CADTM France, membre de l’espace démocratie d’ATTAC France, syndicaliste (UFR Finances CGT) antifasciste (au CALED 35 CGT membre de VISA) et à Ripostes antifascistes (au titre du Cadtm).

Exposé du 3 mars 2026, repris, en partie, lors d’une rencontre-débat le 25 mars à Rennes, où le thème était plus large (Guerres sans fin dans le monde et fascisation des nations).

  Sommaire  

  • I – Les idées fascistes et assimilées
  • II – Les cercles de la démocratisation

Au plan des idées mobilisatrices de fond, je pars des analyses de la destructivité du fascisme d’Erich FROMM pour le volet négatif et je continue sur le volet riposte, sur les analyses de Jean ZIEGLER et son livre de 1985 qui porte la nécessaire ’raison solidaire et internationaliste’ contre la Raison d’État et celle du capital transnational dans ’Vive le pouvoir ou les délices de la Raison d’État’. 

À la suite des deux exposés « ciblés » de la Cimade et de la LDH (que je ne répéterai pas concernant la survie des personnes sous OQTF et la campagne Cimade pour les municipales) mon propos doit porter sur les idées d’extrême-droite et la démocratie.

Il y a deux difficultés à exposer : d’une part, où commence et où s’arrêtent les idées d’extrême-droite et d’autre part, qu’est-ce que la démocratie ? Comme les définitions sont moins stables qu’il n’y parait je vais plus parler en terme de dynamiques ou de processus que d’état stabilisé. Je vais donc évoquer les cercles de la fascisation et les cercles de la démocratisation. La fascisation comme processus est donc à distinguer du fascisme proprement dit. J’y reviendrai.

Avant d’aborder la France, et sans trop insister, il y a à remarquer que la fascisation n’est pas que française mais très mondialisée . Il y a alors, peut-être – hypothèse à défaut d’analyses concrètes – un lien à faire avec la montée du néolibéralisme depuis les années Reagan et Thatcher, en 1979 et après, et avec ce que les syndicalistes nomment « thatchérisation du monde » . À noter que la date très courante de 1979 pour le néo-libéralisme a un passé : il y eu en effet les coups d’État et les dictatures en Uruguay (1973), au Chili (1973), en Argentine (1976), orchestrés par le Plan Condor et donc les États-Unis d’Amérique. C’est là une hypothèse de l’extension de par le monde, mais surtout ces dernières décennies, de régimes ou de mouvements très autoritaires, voire fascistes. Nous aurons bientôt un compte-rendu d’une rencontre internationale à Porto Alègre [1] qui va faire le point sur ces mouvements ou régimes politiques autoritaires ou fascistes. …/…

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