À l’initiative du CADTM international, plus de 230 personnalités issues d’une cinquantaine de pays de tous les continents ont souscrit à un appel international en faveur du renforcement de l’action antifasciste et anti-impérialiste. Cet appel alerte sur la progression mondiale de l’extrême droite, des forces néofascistes et des agressions impérialistes et invite à la conférence de Porto Alegre comme à une étape de la construction d’une réponse globale à la montée des fascismes et des impérialismes.
L’extrême droite instrumentalise le mécontentement face aux conséquences désastreuses du néolibéralisme pour accélérer ces politiques. À cette fin, à l’instar du fascisme classique, elle cherche à diriger ce mécontentement contre les groupes opprimés et dépossédés : migrant·es, femmes, personnes LGBTQ+, bénéficiaires de programmes d’inclusion, personnes racisées et minorités nationales ou religieuses. Le nationalisme exacerbé, le racisme, la xénophobie, le sexisme, l’homophobie, l’incitation à la haine et la banalisation de la cruauté accompagnent la progression de l’extrême droite à chaque étape, en fonction du contexte spécifique de chaque pays.
La volonté d’accumuler les richesses entre les mains du capital, la recherche effrénée du profit maximal qui sous-tend les politiques d’extrême droite, se manifeste également par l’intensification des agressions impérialistes pour accaparer des ressources et exploiter des populations. Cela va de pair avec la perpétuation de situations coloniales qui, dans le cas de la Palestine, prend la forme d’un génocide orchestré par l’État d’Israël, avec la complicité de ses alliés impérialistes.
Outre sa complicité avec le gouvernement Netanyahu, l’extrême droite tisse des liens internationaux : congrès, think tanks, déclarations communes, soutien mutuel lors des processus électoraux, collaboration entre podcasters, entre propagandistes et spécialistes de la désinformation. Notre lutte contre la droite et l’agression impérialiste est urgente et, pour être efficace, doit être internationale.
Les forces qui combattent la montée de l’extrême droite, du fascisme et des agressions impérialistes ne sont ni monolithiques ni homogènes. Elles ne l’ont jamais été. Elles sont diverses et présentent des différences indéniables en matière d’analyse, de stratégie et de tactique, de programmes et de politiques d’alliance, ainsi qu’en matière de sensibilités et de priorités. L’expérience nous enseigne que, tout en reconnaissant ces différences, il est essentiel de coordonner la lutte contre des ennemis de plus en plus menaçants. Cette convergence peut et doit inclure toutes les forces disposées à défendre la classe ouvrière, la paysannerie, les migrant·es, les femmes, les personnes LGBTQ+, les personnes racisées, les minorités nationales ou religieuses opprimées et les peuples autochtones ; à défendre la nature contre le capitalisme écocidaire ; à combattre l’agression impérialiste et coloniale, quelle que soit son origine ; et à soutenir la lutte des peuples qui leur résistent, y compris les armes à la main quand c’est nécessaire.
Il est urgent de partager les analyses, de renforcer les liens et de décider des actions concrètes. Ces objectifs ont inspiré l’initiative d’organiser une Conférence internationale antifasciste et antiimpérialiste à Porto Alegre, au Brésil, du 26 au 29 mars 2026 https://antifas2026.org/fr/.
La conférence de Porto Alegre constitue une étape importante sur un chemin beaucoup plus long. Les organisations et individus soussigné·es s’engagent à poursuivre la lutte sans relâche et de la manière la plus unie possible contre la montée de l’extrême droite et l’agression impérialiste, dimension essentielle de notre projet émancipateur, socialiste, écologiste, féministe, antiraciste et internationaliste.
Comme l’écrivait Che Guevara à ses enfants : « Soyez toujours capables de ressentir profondément toute injustice commise contre quiconque, où que ce soit dans le monde. C’est la plus belle qualité d’un révolutionnaire. »