Paroles d’une chanson d’un autre temps, paroles d’aujourd’hui. S’il était encore vivant, Woodie Guthrie l’aurait sans doute à peine retouchée pour la période que nous vivons. Car l’ombre brune revient comme une éclipse fascisante sur la démocratie, avec en vue le pouvoir suprême. Ce qui fait peur, ce n’est pas sa progression, mais l’impréparation d’une riposte collective, comme une démission.
Un billet du blog d’Yves GUILLERAULT en forme d’hommage au chanteur et faisant un bilan de la situation actuelle.
Sur scène, il annonçait la couleur : sa guitare était siglée d’un « This machine kills fascists », « cette machine tue les fascistes ». Woodie Guthrie a enregistré « All You Fascists Bound to Lose », «Vous tous, les fascistes, vous êtes voués à perdre », en 1944, un appel à la résistance et à l’unité contre un fascisme crépusculaire. Sans doute aurait-il dû être lancé au moins dix ans auparavant. Aujourd’hui, autre temps mais péril similaire, cet appel à une réaction collective est tout aussi crucial face à l’offensive fasciste d’une triade composée du Rassemblement national de Le Pen/Bardella, de l’UDR de Ciotti et de Reconquête de Zemmour et Knafo, les derniers étant des satellites du premier.
Pendant que gauche et droite multiplient les candidats comme les petits pains, Le Pen et Bardella survolent les sondages, marquant la réussite de leur stratégie de normalisation à bas-bruit. Le RN ne serait plus le diable mais une alternative crédible, une gentrification politique en quelque sorte.
Toutes les planètes (noires) sont en train de s’aligner pour que les néo-fascistes s’ouvrent les portes du pouvoir. En attendant, 74 communes servent de laboratoires d’essai, ou plutôt de défouloirs aux idées fascistes les plus incongrues comme les plus autoritaires ou idéologiques. Un seul exemple suffit, celui de Carcassonne. Arrêté anti-mendicité, coupe de subvention à la ligue des droits de l’homme, expulsion des syndicats de leurs locaux, la Bourse du travail qu’ils occupaient depuis 89 ans, un marché populaire viré du centre-ville, et un slogan qui claque, « Le ménage, c’est maintenant ! », où, sur l’affiche, la débroussailleuse remplace la tronçonneuse de qui-vous-savez.1 Sans oublier une augmentation substantielle d’indemnités pour le maire et ses dix adjoints, bien au-delà de l’inflation.2 Christophe Barthès, surnommé le « Trump occitan », est le prototype d’élu fascisant qui se prépare à diriger la France.
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