Une minute de silence pour Clément Méric

Le souvenir de la mort du jeune antifasciste Clément Méric, il y a 13 ans le 5 juin 2013, devrait cette année déclencher plus d’intérêt pour les personnes portant des valeurs proches des siennes. En effet, on ne saurait oublier trop rapidement que la mort de Quentin Deranque, néo-nazi revendiqué de 23 ans, le 14 février 2026, a donné lieu trois jours plus tard, sur la demande du collaborateur Ciotti, à une minute de silence de l’Assemblée. Ce fut la minute de silence la plus honteuse de la nation depuis bien longtemps eu égard aux haines multiples qu’il portait. 

En cette année 2026, le souvenir de la mort de Clément, né en 1994, il avait 19 ans, par agression de fascistes, ne saurait être réservé aux seul·e·s jeunes antifascistes, ou à celles et ceux qui avaient entre 18 à 28 ans en 2013 ! Quoiqu’on puisse penser des pratiques de certain·e·s jeunes antifascistes – avec quelques fois une tendance un peu viriliste à « aller au contact – il importe d’être solidaire. 

Il y a trop de « je suis ailleurs » face aux nationaux-identitaires xénophobes, racistes, sexistes et classistes. Un cran au-dessus, au moment présent, on entend même trop de « Plutôt le RN que LFI », en écho bégayant à « Plutôt Hitler que le Front Populaire », il y a de cela quatre-vingt-dix ans. 

Les protagonistes de la rixe fatale à Clément Méric appartenaient à des groupes opposés politiquement, d’extrême gauche, certains proches des Redskins, et d’extrême droite, proches des Skinheads néonazis. 

De ces appartenances que les médias et certains politiques ont vite fait de stéréotyper et de réduire à une égalité, il s’agit bien d’y voir deux idéologies opposées. 

Les violents d’extrême droite ont des ennemis : les arabes, les noir·e·s, tous·tes celles et ceux que les racistes prennent pour cible sans exception ; les genres qui ne leur plaisent pas ; les droits-de-l’hommistes comme ils disent… et ils les attaquent, voire les tuent quand l’occasion se présente . 

Les antifascistes sont tout le contraire. Ils ont des ami·e·s, précisément celles et ceux que les fascistes détestent et attaquent ; ils ne les agressent pas, ils les défendent. Justement ce qu’était Clément : syndicaliste étudiant, antiraciste, antisexiste, pro égalité hommes-femmes et anti-homophobie, anti-spéciste. Il portait des valeurs de gauche qui nous font honneur. Grandement honneur !

Exigeons le 5 juin une minute de silence en sa mémoire.

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