26 responsables d’associations féministes signent un texte sur l’extrême droite rappelant que l’engagement féministe ne peut être d’extrême droite et que l’extrême droite ne peut être féministe.
Être féministe, c’est lutter contre toutes les formes de domination, et aussi contre les récupérations idéologiques ou les calomnies de ceux qui voudraient dénaturer cet engagement.
Nous disons non à l’exploitation sexuelle, à la location d’utérus, aux violences et mutilations sexuelles, à la pornographie, à la publicité sexiste, aux injures sexistes, aux pressions normatives sur le corps et la vie des femmes.
Mais nous ne le disons pas comme l’extrême droite, car nos positions et nos objectifs n’ont rien à voir avec les siens.
Quand nous disons non aux logiques patriarcales et inégalitaires, c’est pour mieux dire oui à un monde juste, solidaire, libéré des oppressions.
Nous refusons que notre combat pour l’émancipation des femmes soit confisqué, détourné ou caricaturé. L’extrême droite ne défend pas les femmes : elle les instrumentalise pour servir ses objectifs racistes et homophobes ; elle tente de réhabiliter une morale autoritaire et de naturaliser les hiérarchies. Pour y parvenir, elle cherche à effacer les luttes féministes,
Nous, féministes, défendons les femmes dans leur diversité, et luttons pour leurs droits.
Nous ne défendons pas une prétendue « pudeur féminine » : nous ne défendons pas LA femme, mais LES femmes insultées, marchandisées, violées, assassinées.
Nous n’avons pas besoin d’invoquer la « protection des enfants » pour condamner la pornographie et la prostitution : nous les combattons parce qu’elles sont les instruments d’un système de domination sexiste qui dégrade toutes les femmes et nuit à leur juste place dans la société.
Être féministe, ce n’est pas protéger un ordre ancien, c’est ouvrir l’avenir.
Ce n’est pas défendre une « essence » ou une « nature » féminines, c’est revendiquer les droits humains pour toutes et tous : liberté, égalité, adelphité, justice, solidarité. C’est faire avancer ces droits, et veiller à leur application.
Le féminisme est un mouvement d’émancipation de tous les humains. C’est pourquoi il est incompatible avec l’extrême droite. Car notre valeur cardinale est la solidarité — entre femmes, entre peuples, entre générations.
Notre objectif est clair : une société où tous les êtres humains, femmes et hommes, seront libres et égaux en droits et en dignité.
C’est cela, notre féminisme. Un féminisme humaniste, universaliste et radical au sens le plus profond : celui qui va à la racine des inégalités pour mieux les arracher.
PREMIÈR·E·S SIGNATAIRES RESPONSABLES D’ASSOCIATION
par ordre alphabétique de l’association ou du groupe
Blandine Deverlanges, Les Amazones d’Avignon
Chantal Girard, Centre Evolutif Lilith
Marie-Noëlle Bas, Chiennes de garde
Marie-Josèphe Devillers, Coalition internationale pour l’abolition de la maternité de substitution
Collectif Féminicides par Compagnons ou Ex
Catherine Morin Le Sech, CQFD Lesbiennes féministes
Florence Simon, mouvement Le Cri
Maud Olivier, Élu·es contre les violences faites aux femmes
Florence Montreynaud, Encore féministes !
Cynthia de Jaham, Femme-s.org
Françoise Kayser, Femmes contre les intégrismes
Sandrine Goldschmidt, Femmes en résistance
Pierre-Yves Ginet, Femmes ici et ailleurs
Hélène Hernandez, émission Femmes libres sur Radio libertaire
Yves Scelles, Fondation Scelles
Françoise Birkui, IDEM question de genre
Laure Caille, Libres MarianneS
Annie Sugier, Ligue du droit international des femmes
Claudine Legardinier, Mouvement du Nid
Alice Collet, Planning Familial 94
Chantal Hervouet, 44 Vilaines Filles
Michèle Vianès, Regards de Femmes
Monique Dental Esparraguera, Réseau Féministe « Ruptures »
Claire Desaint, Réussir l’égalité femmes-hommes
Geneviève Duché, Les Vieilleuses
Gérard Biard, Zéromacho