Propagande masculiniste : comment les violences deviennent légitimes

La propagande masculiniste ne repose pas seulement sur la désinformation ou les discours de haine. Elle se fonde principalement sur un monopole d’interprétation du réel visant à naturaliser la domination masculine et à légitimer la violence. Comprendre ces ressorts et leurs relais constitue déjà un premier pas pour y résister. Un billet signé Stéphanie Lamy sur son blog Mediapart.

On me demande souvent comment lutter contre la propagande masculiniste. La réponse attendue est généralement technologique ou législative : modération algorithmique, intelligence artificielle, interdiction des réseaux sociaux pour certains publics, criminalisation des discours de haine, renforcement des dispositifs de surveillance. Réduire la propagande masculiniste uniquement comme un problème de contenus à supprimer conduit à passer à côté de son enjeu central : elle constitue un outil destiné à produire, justifier et imposer la domination masculine, en façonnant les représentations du réel, entre autres, en normalisant les violences masculines.

Faute de travail de fond sur les représentations médiatiques des violences fondées sur le genre, les rapports de pouvoir qui structurent la circulation de l’information et les mécanismes de légitimation propres aux milieux radicaux masculinistes, les réponses attendues (technosolutionnistes, repressives) risquent d’être au mieux inefficaces, au pire contreproductives ou liberticides.

Ce travail de fond implique notemment d’interroger le rôle des médias dans la circulation de ces cadres interprétatifs. Pour ce faire, ce texte revient d’abord sur les enjeux de la propagande et sur les limites des approches contemproraines, avant d’analyser les principales logiques structurant la propagande masculiniste : fabrication d’identités collectives, construction de menaces, captation de l’autorité et légitimation du passage à l’acte. Il s’achève enfin sur les enjeux journalistiques et médiatiques liés aux représentations des violences fondées sur le genre qui peuvent participer à normaliser la terreur masculiniste. 

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