L’extrême droite transatlantique mobilisée par les Espagnoles Vox et Disenso

Dans un contexte de progression des droites radicales à l’échelle internationale, de nouvelles formes de coordination transnationale émergent malgré des divergences idéologiques persistantes. Portées par des convergences stratégiques, notamment dans l’opposition aux forces progressistes, ces dynamiques redessinent leurs modes d’action. Comment analyser le rôle du parti espagnol Vox dans la structuration de ces réseaux transcontinentaux ? Dans le cadre d’un dossier qu’il coordonne, Jean-Jacques Kourliandsky, directeur de l’Observatoire de l’Amérique latine et des Caraïbes de la Fondation, montre comment cette formation s’est imposée comme un acteur clé de ces recompositions. À retrouver sur le site de la Fondation Jean Jaurès.

En quelques années, la formation espagnole de droite radicale Vox est devenue le troisième parti politique représenté au parlement. L’influence des extrême droites dans le monde n’a jamais été aussi grande depuis qu’elles ont abandonné le recours aux armes, pour privilégier celui des bulletins de vote. En Europe, on peut citer Alternative pour l’Allemagne, le Rassemblement national (RN) en France, le Parti pour la liberté (Partij voor de Vrijheid, PVV) néerlandais, Fidesz en Hongrie, Fratelli d’Italia, Droit et justice (Prawo i Sprawiedliwość, PiS) en Pologne et Chega au Portugal ; et, en Amérique latine, La Liberté Avance (La libertad avanza, LLA) en Argentine, le Parti Libéral (Partido liberal, PL) au Brésil, le Parti républicain (Partido Republicano, PRCh) au Chili, le Centre démocratique (Centro Democrático) en Colombie, Force Populaire (Fuerza Popular, FP) au Pérou, Nouvelles Idées (Nuevas Ideas, NI) au Salvador, le Parti républicain (Republican Party, GOP) aux États-Unis, parmi d’autres. Ces derniers sont nombreux dans les parlements de leurs pays respectifs et ont parfois accédé au pouvoir. Pour autant, ces formations n’ont pas su, pu, coordonner leurs initiatives.

Vox serait-elle en passe de faciliter la mise en réseau global des droites radicales ? Le président argentin Javier Milei, apôtre de l’extrême droite libertaire et libérale, était l’invité d’un rassemblement électoral du parti d’extrême droite espagnol, les 18 et 19 mai 2024. Le mois suivant, il reçut une distinction décernée par deux laboratoires d’idées européens d’extrême droite, l’Institut Juan de Mariana à Madrid (Espagne), et à Hambourg (Allemagne) la société Friedrich Hayek. Ces rencontres de responsables des droites radicales américaines et européennes interpellent, d’autant plus que le parti ayant pris le plus d’initiatives à cet effet, Vox, était peut-être le moins attendu à cette tâche.

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