Le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, a annoncé la mise en place d’un couvre-feu, visant les mineurs de moins de 16 ans lors de certains matchs de la Coupe du monde 2026. Un collectif d’organisations syndicales, politiques et associatives de Haute-Garonne dénonce derrière le prétexte du maintien de l’ordre « une mesure raciste et discriminatoire qui vise, encore une fois de plus, la jeunesse des quartiers populaires ».
Ce jeudi 11 juin, le maire de droite radicalisée de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, a annoncé la mise en place d’un couvre-feu de 22h à 5h, visant les mineurs de moins de 16 ans lors de certains matchs de la Coupe du monde 2026. Ce couvre feu concerne l’intégralité des matchs de l’équipe de France ainsi que certains matchs du Maroc, de l’Algérie ou bien encore de la Tunisie. Il franchit alors une nouvelle étape dans sa politique de stigmatisation des quartiers populaires et de la jeunesse.
Derrière le prétexte du maintien de l’ordre, c’est une mesure raciste et discriminatoire qui vise, encore une fois de plus, la jeunesse des quartiers populaires. Pourquoi certains matchs seraient-ils plus sensibles que d’autres ? Si ce n’est par des a priori racistes.
Derrière cette mesure se cache une répression de la joie. Il est question de mettre au pas la jeunesse et notamment celle des quartiers populaires, en les faisant passer pour une menace potentielle de l’ordre public.
Cette mesure, en plus de son caractère raciste et répressif, est matériellement impossible à appliquer sans multiplier les contrôles policiers.
Concrètement, cela signifie que lors des soirées où le couvre-feu serait appliqué, les contrôles d’identité, et donc, les contrôles au faciès, seront multipliés. Cette annonce s’inscrit dans une offensive plus large instaurée par la municipalité contre les quartiers populaires. Il y a quelques jours encore, la mairie interdisait le tournoi de football organisé à Bagatelle par le Comité Vérité et Justice pour Bilal. Un tournoi de foot en solidarité avec la famille de Bilal ainsi que toutes les victimes de violence policière.
Là encore, la seule réponse apportée n’a été que la répression, et l’interdiction. De Bagatelle au couvre-feu du centre-ville, c’est la même logique : traquer et tenter de discipliner la jeunesse des quartiers populaires, casser les espaces de solidarité et de sociabilité, et réprimer tout ce qui échappe au contrôle des autorités. C’est une véritable répression du bonheur non marchand qui se met en place, contre les tournois de quartier, les fêtes populaires, les rassemblements, les baignades, les luttes et tout ce qui fait vivre nos quartiers.
’espace public n’est qu’accessible à une certaine population. Alors que le gouvernement multiplie les projets sécuritaires et répressifs, comme les mesures dites de « casseur-payeur », Moudenc s’inscrit pleinement dans cette course à l’autoritarisme.
Nous refusons cette criminalisation permanente de la jeunesse et des quartiers populaires.
Face au racisme et à la répression, organisons-nous et faisons front !
Collectif d’organisations de Haute-Garonne
Les premiers signataires :
- Les Jeunesses Anticapitalistes,
- L’Union Étudiante de Toulouse,
- l’UNEF,
- Le Poing Levé,
- les Jeunes Insoumis·e·s Toulouse,
- Le Souffle,
- Secours Rouge,
- Révolution Permanente,
- Révolte Décoloniale,
- NPA l’Anticapitaliste,
- INSA en lutte,
- FSU 31,
- La France insoumise Haute-Garonne,
- Solidaires 31,
- l’Assemblée des Quartiers 31,
- Libertad,
- Nous Toutes 31,
- les Jeunes Écologistes Midi-Pyrénées,
- Assemblée des quartiers 31 jeunes.