À LA UNE
Antisémite un jour…
Puisque le jeune ambitieux aux costards sur mesure, irrésistiblement attiré par les paillettes du luxe et de la jet-set n’a pas cru nécessaire d’avouer ou même – plus habilement – de regretter une erreur de jeunesse, la cheftaine de l’extrême droite n’avait plus à disposition, dans son escarcelle, que deux options aussi périlleuses l’une que l’autre.
La première : débrancher, tout en le répudiant, l’idole des selfies et, dans le même temps, affermir fièrement son philosémitisme de façade.
Inconvénient majeur : perdre en influence auprès de tout un public énamouré de l’arriviste pressé et reconnaître implicitement qu’elle avait laissé l’ambitieux devenir indispensable, en dépit d’un passé sulfureux qu’elle ne pouvait pas ignorer – ayant elle-même assidument fréquenté l’antisémite Soral dans les années 2000 – aux antipodes de la dédiabolisation du parti de la haine.

Riposte générale : ne les laissons pas passer !
Encore une fois, c’est la rentrée… Et cette fois, nous le savons : l’année qui commence ne sera pas comme les autres. Une campagne présidentielle va bientôt engloutir le pays. Pendant des mois, on nous parlera de sondages, de petites phrases. On commentera la course à l’hippodrome. Et, jour après jour, les médias établis tenteront de nous habituer à cette idée : l’extrême droite pourrait gagner. Ce serait possible. Probable peut-être. Inéluctable, qui sait.
Non. Rien n’est écrit, rien n’est joué. Rien n’est fatal dans l’histoire. Mais une chose est certaine : si nous voulons empêcher le Rassemblement national d’arriver au pouvoir, il va falloir faire beaucoup plus qu’attendre l’élection. Il va falloir se battre. Car nous savons ce que nous avons devant nous. « On sait pas, on n’a pas essayé », entend-on. Si. Nous savons. Nous avons l’histoire derrière nous et le présent sous les yeux. Nous voyons ce que deviennent les sociétés lorsque l’extrême droite gouverne : les contre-pouvoirs attaqués, les libertés rongées, les médias mis au pas, les opposants transformés en ennemis, les étrangers et les minorités en boucs émissaires, les droits des femmes et des personnes LGBT+ menacés, la police renforcée et la contestation entravée. La démocratie ne disparaît pas nécessairement en une nuit. Elle peut être évidée lentement, loi après loi, renoncement après renoncement. …/…